Mon Parcours avec le SOPK : Comprendre et Surmonter le Syndrome des Ovaires Polykystiques

Comprendre le SOPK 

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) est une condition complexe qui touche de nombreuses femmes à travers le monde. Il peut entraîner une série de symptômes débilitants, allant de la fatigue intense à des problèmes de poids et des déséquilibres hormonaux. Dans cet article, je souhaite partager mon expérience personnelle avec le SOPK, notamment comment j'ai réussi à surmonter certains des défis qu'il présente. Vous pouvez retrouver toute mon histoire en détail dans mon livre : Vive en Harmonie avec le SOPK

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques : Qu'est-ce que le SOPK ?

La première chose importante à faire est de savoir ce que signifie le syndrome des ovaires polykystiques. Le SOPK est une affection courante qui affecte le fonctionnement des ovaires de la femme. Attention, certains troubles hormonaux peuvent fortement ressembler au SOPK, mais ne le sont pas. Les trois principales caractéristiques du SOPK sont les suivantes :

  1. Cycles irréguliers : Cela signifie que vos ovaires ne libèrent pas régulièrement des ovules (ovulation), ou des cycles réguliers mais anovulatoires.
  2. Excès d'androgènes : Des niveaux élevés d'hormones "masculines" dans votre corps peuvent provoquer des signes physiques tels qu'une pilosité faciale ou corporelle excessive, la perte de cheveux, l'acné, etc.
  3. Ovaires polykystiques : Vos ovaires sont hypertrophiés et contiennent de nombreux sacs remplis de liquide (follicules) qui entourent les ovules. Malgré le nom, vous n'avez pas réellement de kystes si vous souffrez de SOPK.

Si vous présentez au moins deux de ces caractéristiques, le diagnostic de SOPK peut être posé.

Peut-on guérir du SOPK ?

 La possibilité de voir le SOPK disparaître dépend largement du type de SOPK dont vous souffrez. Le SOPK peut s'atténuer, mais il n'existe pas encore de traitement curatif. Cependant en comprenant le syndrome nous pouvons vivre sans symptomes, retrouver nos cycles notre fertilité mais également réduire son acné et son hirsustime.   

Types de SOPK pouvant disparaître

Le SOPK post-pilule

Le SOPK post pilule  est transitoire. Après l'arrêt de la pilule contraceptive, il faut un certain temps pour que le corps rétablisse son équilibre hormonal.  La plupart du temps, ce SOPK post-pilule disparaît spontanément après plusieurs mois. En réalité, les SOPK susceptibles de disparaître sont souvent ceux qui ne sont pas de véritables SOPK. Ce sont ce que l'on appelle les "faux" SOPK ou les erreurs de diagnostic. Les symptômes du SOPK peuvent être similaires à ceux d'autres pathologies et peuvent donc disparaître une fois la véritable cause identifiée et traitée.

Voici quelques points à clarifier à ce sujet :
  1. Symptômes du SOPK : Les symptômes incluent des irrégularités menstruelles, un excès d'androgènes (hormones mâles) qui peuvent provoquer une pilosité excessive (hirsutisme), de l'acné, ainsi que des kystes sur les ovaires visibles par échographie.
  2. Pathologies similaires : D'autres conditions peuvent présenter des symptômes similaires au SOPK, telles que l'hyperplasie surrénalienne congénitale, le syndrome de Cushing, les troubles thyroïdiens, et les tumeurs sécrétant des androgènes. Ces conditions peuvent également provoquer des irrégularités menstruelles et un excès d'androgènes.
  3. Erreurs de diagnostic : En raison de la similarité des symptômes, des erreurs de diagnostic peuvent survenir. Par exemple, une femme présentant des irrégularités menstruelles et de l'acné peut être diagnostiquée à tort avec le SOPK alors qu'elle souffre en réalité d'un trouble thyroïdien.
  4. Disparition des symptômes : Les symptômes apparentés au SOPK peuvent disparaître si la véritable cause sous-jacente est identifiée et traitée correctement. Par exemple, si une patiente diagnostiquée à tort avec le SOPK reçoit un traitement pour une affection thyroïdienne, ses symptômes peuvent s'améliorer voire disparaître.
  5. Diagnostic correct : Pour un diagnostic précis, il est crucial de réaliser un bilan complet incluant des analyses hormonales, des échographies, et parfois des examens complémentaires pour exclure d'autres pathologies. Un suivi régulier avec un spécialiste, tel qu'un endocrinologue ou un gynécologue, est également important.
Il est donc essentiel de bien différencier le vrai SOPK des autres conditions avec des symptômes similaires pour éviter les erreurs de diagnostic et garantir un traitement approprié.

Les "faux" SOPK

Ces faux diagnostics de SOPK peuvent survenir dans plusieurs situations. Voici quelques exemples courants :

Hypothyroïdie

Lorsque la thyroïde fonctionne au ralenti, cela affecte de nombreuses fonctions vitales, y compris le cycle menstruel, pouvant entraîner des symptômes ressemblant à ceux du SOPK. L'hypothyroïdie, caractérisée par une sous-activité de la thyroïde, ralentit de nombreuses fonctions corporelles. Ses symptômes incluent :

  • Fatigue extrême
  • Prise de poids
  • Dépression
  • Peau sèche et cheveux cassants
  • Intolérance au froid
  • Cycles menstruels irréguliers
  • Aménorrhée (absence de menstruations)
  • Menstruations abondantes ou prolongées

Similarités  de L'Hypothyroïdie avec le SOPK :

L'hypothyroïdie peut imiter les symptômes du SOPK en raison de son impact sur les hormones sexuelles et le cycle menstruel. Les deux conditions peuvent provoquer des irrégularités menstruelles, des problèmes de fertilité, une prise de poids et une fatigue, rendant le diagnostic différentiel essentiel. Pour différencier l'hypothyroïdie du SOPK :

  • Tests sanguins pour mesurer les niveaux de TSH, T3, et T4
  • Analyses hormonales et échographie des ovaires pour diagnostiquer le SOPK

Hyperprolactinémie

La prolactine est une hormone sécrétée par la femme lorsqu’elle allaite. Certaines femmes peuvent produire de la prolactine en dehors de la grossesse ou de l'allaitement, bloquant ainsi l'ovulation et causant des symptômes similaires à ceux du SOPK. Normaliser les niveaux de prolactine peut faire disparaître ces symptômes. Cette condition peut être causée par divers facteurs, tels que :

  • Tumeurs hypophysaires bénignes (prolactinomes)
  • Médicaments (antidépresseurs, antipsychotiques)
  • Hypothyroïdie
  • Stress excessif

Similarités de l'Hyperprolactinémie avec le SOPK

Les symptômes de l'hyperprolactinémie peuvent être confondus avec ceux du SOPK en raison de l'impact sur le cycle menstruel et la fertilité. Les deux conditions peuvent provoquer :

  • Irrégularités menstruelles
  • Infertilité
  • Symptômes hormonaux

Pour différencier l'hyperprolactinémie du SOPK :

  • Mesure des niveaux de prolactine par des tests sanguins
  • Imagerie cérébrale (IRM) pour détecter d'éventuelles tumeurs hypophysaires
  • Tests hormonaux et échographie des ovaires pour diagnostiquer le SOPK

Hyperplasie congénitale des surrénales

L'hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) est une maladie génétique rare caractérisée par une déficience en enzymes nécessaires à la production de cortisol dans les glandes surrénales. Cette déficience entraîne une surproduction d'androgènes (hormones mâles). L'excès d'androgènes peut provoquer divers symptômes, y compris des signes de virilisation :

  • Croissance excessive des poils (hirsutisme)
  • Acné sévère
  • Irrégularités menstruelles
  • Hypertrophie clitoridienne
  • Voix grave
  • Croissance rapide mais fusion précoce des os, conduisant à une taille adulte plus petite

Les symptômes de l'HCS peuvent être confondus avec ceux du SOPK en raison de l'excès d'androgènes et des irrégularités menstruelles. 

Diagnostic Différentiel

Pour différencier l'HCS du SOPK :

  • Tests sanguins pour mesurer les niveaux de 17-hydroxyprogesterone, un indicateur clé de l'HCS
  • Analyses hormonales pour évaluer les niveaux d'androgènes
  • Tests génétiques pour identifier les mutations spécifiques
  • Imagerie des glandes surrénales si nécessaire

Syndrome de Cushing

L'excès de cortisol peut entraîner divers symptômes, dont certains peuvent être confondus avec ceux du SOPK :

  • Prise de poids, particulièrement au niveau du tronc et du visage (visage lunaire)
  • Faiblesse musculaire
  • Hyperglycémie et diabète
  • Hypertension
  • Osteoporose
  • Hirsutisme (pilosité excessive)
  • Irrégularités menstruelles

Le syndrome de Cushing peut présenter des symptômes similaires au SOPK en raison de l'impact hormonal sur les ovaires et le cycle menstruel.

Diagnostic Différentiel

Pour différencier le syndrome de Cushing du SOPK :

  • Tests sanguins et urinaires pour mesurer les niveaux de cortisol
  • Test de suppression à la dexaméthasone pour évaluer la régulation du cortisol
  • Imagerie (IRM ou scanner) pour détecter les tumeurs de l'hypophyse ou des glandes surrénales
  • Analyses hormonales pour évaluer les niveaux d'androgènes

Le SOPK post-pilule :  Le SOPK post-pilule est un autre exemple de SOPK transitoire. Après l'arrêt de la pilule contraceptive, il peut falloir un certain temps pour que le corps rétablisse son équilibre hormonal. 

    Conclusion

    Actuellement, on ne peut pas guérir du SOPK. Si un professionnel de santé prétend pouvoir guérir votre SOPK, soyez prudent. La meilleure approche consiste à apprendre à gérer et à stabiliser les symptômes par des pratiques de vie saine et, le cas échéant, des traitements médicaux appropriés. 

    Comment j'ai guéri des OPK ( ovaires polykystiques) - Mon Histoire personnelle  

    Il existe des situations où le SOPK peut disparaître, comme le SOPK post-pilule ou après un choc émotionnel. Dans ces cas, les symptômes peuvent s'estomper avec le temps ou nécessiter une prise en charge spécifique. Le SOPK post-pilule est un cas où le SOPK est passager et disparaît souvent entre 3 et 9 mois après l'arrêt de la pilule.

    Certains troubles, comme l'hypothyroïdie, l'hyperprolactinémie, l'hyperplasie congénitale des surrénales, et le syndrome de Cushing, peuvent être confondus avec le SOPK. Il est crucial de différencier ces conditions pour obtenir un traitement adéquat.

    Mon Diagnostic 

    Fin 2015-début 2016. Mes cycles pouvaient durer entre 90 et 130 jours et mes ovaires étaient multifolliculaires ou micropolykystiques, accompagnés d'hyperandrogénie, ce qui entraînait une acné sévère et une perte de cheveux significative. Aujourd'hui, mes ovaires ont une taille normale et un nombre de follicules inférieur à 12, ce qui signifie que j'ai guéri des OPK (ovaires polykystiques). Car j'ai retrouvé des cycles et une ovulation régulière.  Cependant, mon SOPK est toujours présent. Il est important de distinguer le SOPK des OPK.

    La Lutte Contre la Fatigue Intense

    L'un des premiers symptômes qui m'a alerté était une fatigue intense constante. Il s'agissait d'une fatigue qui ne disparaissait pas même après de longues périodes de repos. Cette fatigue m'empêchait de mener une vie normale, affectant mon travail et mes relations personnelles. 

    Hyperandrogénie et Acné  : Un Combat Gagné

    L'hyperandrogénie, ou excès d'androgènes, est un autre symptôme courant du SOPK. Cela peut conduire à des problèmes tels que l'hirsutisme, où les femmes développent une pilosité excessive dans des zones typiquement masculines. Ou de l'Acné. Après plusieurs mois de traitement et de soins spécifiques, je peux dire avec fierté que j'ai guéri de mon acné  et de ma perte de cheveux hyperandrogénique.  C'était un énorme soulagement et une victoire personnelle.

    Traitement et Perte de Poids

    La gestion du poids est souvent un défi pour les femmes atteintes de SOPK en raison de la résistance à l'insuline. J'ai modifié totalement mon alimentation ( réduction du sucre, alimentation à IG bas ) pour la perte de poids, comprenant donc un régime alimentaire adapté et un programme d'exercices réguliers. Cela m'a aidé à réduire mon poids et à améliorer ma santé globale.

    Résistance à l'Insuline et Diabète

    Le lien entre SOPK et insuline est bien documenté. De nombreuses femmes atteintes de SOPK développent une résistance à l'insuline, ce qui peut mener au diabète de type 2. Pour évaluer mon risque, j'ai passé un test HOMA, qui m'a été remboursé après une demande auprès de mon assurance. Heureusement, grâce à un suivi médical rigoureux et des modifications de mon mode de vie, j'ai pu éviter le développement du diabète.

    Et j'ai enfin reussi après plusieurs années à tomber enceinte et gérer mon SOPK pour que je puisse enfin vivre avec peu de symptômes.  

     

    Conclusion

    Le SOPK est une condition complexe, mais avec une prise en charge adéquate et un traitement personnalisé, il est possible de surmonter ses nombreux défis. Mon parcours m'a appris l'importance de la persévérance et de la recherche de solutions adaptées à chaque individu. Je souhaite que mon histoire inspire et donne de l'espoir à d'autres femmes confrontées au SOPK.

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