DHEA-S élevée : comprendre un taux de DHEA-S/SDHEA trop haut
Vous venez de recevoir vos résultats de bilan sanguin et le terme «DHEA-S » apparaît avec une valeur au-dessus de la norme. Cette situation est plus fréquente qu’on ne le pense, notamment chez les femmes consultant pour des problèmes de peau, de pilosité excessive ou de cycles irréguliers. Dans cet article, nous allons décrypter ce que signifie uneDHEA-S élevé, ses causes possibles et la marche à suivre.
Introduction : répondre vite à la question « SDHA / DHEA‑S élevé, est‑ce grave ? »
Le terme « DHEA-S » que vous voyez sur votre compte-rendu de laboratoire correspond dans la grande majorité des cas au dosage de la DHEA-S, aussi appelée SDHEA (sulfate de déhydroépiandrostérone). C’est l’un des marqueurs les plus utilisés pour évaluer la production d’androgènes par les glandes surrénales.
Une DHEA-S élevée traduit généralement un excès d’hormones androgènes, dont l’origine est le plus souvent surrénalienne. Toutefois, ce chiffre ne peut jamais être interprété seul : il doit être confronté à votre âge, votre sexe, vos symptômes et les autres dosages hormonaux de votre bilan. Un taux légèrement au-dessus de la norme n’a pas la même signification qu’une valeur qui double ou triple les limites supérieures.
Les 4 grandes causes d’une DHEA-S élevée à connaître :
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Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), première cause d’hyperandrogénie chez la femme
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L’hyperplasie congénitale des surrénales, notamment les formes à révélation tardive
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Le syndrome de Cushing et autres pathologies surrénaliennes
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Les tumeurs surrénaliennes ou ovariennes sécrétant des androgènes (plus rares)
Rassurez-vous : une DHEA-S élevée nécessite certes un avis médical spécialisé (endocrinologue ou gynécologue), mais il n’est pas synonyme de cancer dans la très grande majorité des cas. La plupart des situations correspondent à des déséquilibres fonctionnels parfaitement traitables.

Qu’est‑ce que la DHEA‑S ?
Dans la pratique des laboratoires français, le terme «DHEA-S» renvoie presque systématiquement au sulfate de déhydroépiandrostérone. Vous le trouverez également sous les appellations DHEA-S, SDHEA ou parfois simplement DHEA sulfate sur vos résultats d’examens.
La DHEA-S est une hormone stéroïde appartenant à la famille des androgènes. Elle est fabriquée majoritairement par les glandes surrénales, ces deux petites glandes situées au-dessus de chaque rein. Sa production est régulée par l’ACTH, une hormone sécrétée par l’hypophyse dans le cerveau.
Cette hormone joue un rôle de précurseur : elle se transforme dans l’organisme en d’autres hormones plus actives comme la testostérone, l’androstènedione et même les œstrogènes. Elle participe ainsi au développement des caractères sexuels secondaires et au fonctionnement reproductif.
L’un des grands avantages de doser la DHEA-S dans le sang plutôt que la DHEA libre tient à sa stabilité. Avec une demi-vie d’environ 20 heures (contre 30 minutes pour la DHEA), sa concentration sanguine varie peu au cours de la journée. C’est donc un marqueur fiable pour évaluer la production androgénique surrénalienne sur le long terme.
Valeurs normales et quand parle‑t‑on de DHEA-S élevée ?
Les valeurs de référence de la DHEA-S varient considérablement selon plusieurs facteurs : le laboratoire qui effectue l’analyse, l’âge du patient, le sexe et le statut hormonal (puberté, grossesse, ménopause).
Ordres de grandeur chez la femme adulte :
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Entre 20 et 40 ans : généralement entre 1,8 et 7,7 µmol/L (soit environ 65 à 280 µg/dL)
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Après la ménopause : les valeurs diminuent significativement, entre 0,5 et 2,6 µmol/L
Il est essentiel de toujours lire les normes indiquées sur votre propre compte-rendu de laboratoire, car les unités et les seuils peuvent différer (µmol/L ou µg/dL).
Le pic physiologique de DHEA-S survient naturellement à la fin de l’adolescence, vers 18-20 ans, parfois jusqu’à 25-30 ans. Ensuite, les taux diminuent progressivement avec l’âge, c’est ce qu’on appelle parfois la « courbe du vieillissement de la DHEA-S ».
On parle de DHEA-S élevée lorsque :
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La valeur dépasse nettement la limite supérieure de la norme pour votre tranche d’âge
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Chez une femme en âge de procréer : au-delà de 700 µg/dL (environ 18-19 µmol/L), une imagerie devient souvent nécessaire
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Chez une femme ménopausée : le seuil d’alerte est plus bas, autour de 400 µg/dL (10,8 µmol/L)
Des valeurs très élevées, dépassant le double de la limite supérieure normale, doivent impérativement faire rechercher une cause tumorale par imagerie médicale.
Symptômes possibles d’une DHEA-S élevée
Beaucoup de patientes découvrent un DHEA-S élevée lors d’un bilan prescrit pour des signes cutanés gênants, une pilosité inhabituelle ou des troubles des règles. Parfois, c’est une découverte fortuite lors d’un check-up général.
Les signes d’hyperandrogénie féminine les plus fréquents :
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Hirsutisme : apparition de poils épais et pigmentés dans des zones habituellement masculines (menton, lèvre supérieure, thorax, ligne médiane de l’abdomen, cuisses)
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Acné inflammatoire : souvent localisée sur le visage, le dos et le thorax, résistante aux traitements classiques
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Séborrhée : peau et cheveux gras de manière excessive
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Alopécie androgénétique : perte de cheveux sur le sommet du crâne et les golfes temporaux, raréfaction diffuse
Les troubles du cycle menstruel associés :
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Cycles espacés de plus de 35 jours (oligoménorrhée)
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Règles très irrégulières, imprévisibles
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Absence de règles pendant plusieurs mois (aménorrhée)
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Difficultés à concevoir liées à des troubles de l’ovulation
Les signes de virilisation (cas sévères) :
Lorsque les taux d’androgènes sont très élevés ou que l’augmentation est rapide, des signes de virilisation peuvent apparaître :
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Voix qui devient plus grave
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Augmentation de la masse musculaire
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Clitoromégalie
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Diminution du volume mammaire
Il est important de noter que certaines personnes peuvent présenter un SDHA au-dessus de la norme sans aucun symptôme apparent. Dans ce cas, la découverte est dite « fortuite » et nécessite tout de même une évaluation médicale pour en comprendre la raison.
La chronologie d’apparition des symptômes est un élément clé : une installation progressive depuis la puberté oriente vers une cause fonctionnelle, tandis qu’une expression rapide en quelques mois doit faire évoquer une tumeur.
Principales causes d’une DHEA-S élevée
La DHEA-S reflète principalement la production androgénique des glandes surrénales. Cependant, un bilan complet doit également inclure d’autres hormones pour orienter le diagnostic : testostérone totale et libre, androstènedione, 17-OH-progestérone, LH, FSH, et parfois le cortisol.
L’enjeu principal est de distinguer les causes fonctionnelles, de loin les plus fréquentes, des causes tumorales, plus rares mais nécessitant une prise en charge rapide. Les premières correspondent à des déséquilibres hormonaux chroniques, les secondes à des tumeurs sécrétant des androgènes.
Examinons maintenant les différentes étiologies regroupées par catégorie.

Hyperandrogénie surrénalienne (élévation prédominante de la DHEA-S)
L’hyperandrogénie surrénalienne se caractérise par une DHEA-S franchement élevée, parfois de manière isolée, parfois accompagnée d’une légère hausse de la testostérone. C’est une situation fréquente en consultation d’endocrinologie.
Caractéristiques typiques :
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Hirsutisme modéré, souvent progressif
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Acné persistante
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Troubles du cycle menstruel variables
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Absence de virilisation franche
Pour une interprétation optimale, le dosage sanguin doit être réalisé le matin, entre 7h et 9h, en raison du rythme circadien de la sécrétion hormonale.
L’orientation vers une origine surrénalienne est renforcée lorsque la DHEA-S est nettement augmentée alors que la testostérone reste normale ou modérément élevée. À l’inverse, une testostérone très élevée avec un SDHA normal oriente plutôt vers une cause ovarienne.
Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et DHEA-S
Le syndrome des ovaires polykystiques représente la première cause d’hyperandrogénie chez la femme, touchant environ 5 à 10 % des femmes en âge de procréer. Cette maladie débute souvent dès la puberté et peut se manifester de manières très variables.
Dans le SOPK, l’androgène le plus fréquemment élevé est la testostérone ou l’androstènedione. Toutefois, la DHEA-S peut aussi être modérément augmentée, témoignant d’une participation surrénalienne à l’hyperandrogénie.
Critères diagnostiques de Rotterdam (au moins 2 sur 3) :
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Troubles ovulatoires : cycles irréguliers, anovulation
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Hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné) ou biologique (élévation des androgènes)
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Aspect ovarien polykystique à l’échographie pelvienne
Un SDHA légèrement ou modérément élevé dans un contexte évocateur de SOPK, avec des symptômes installés progressivement depuis l’adolescence, n’évoque généralement pas une tumeur. Un bilan gynécologique spécialisé permettra de confirmer le diagnostic et d’évaluer les répercussions sur la fertilité.
Le syndrome de Stein-Leventhal, ancien nom du SOPK, illustre la longue histoire de la reconnaissance de cette pathologie.
Hyperplasie congénitale des surrénales à révélation tardive
L’hyperplasie congénitale des surrénales est une maladie génétique affectant les enzymes impliquées dans la synthèse du cortisol. Le déficit le plus fréquent concerne la 21-hydroxylase. En conséquence, les précurseurs hormonaux s’accumulent et sont déviés vers la production d’androgènes.
La forme « classique » se révèle dès la naissance ou la petite enfance. Cependant, la forme dite « non classique » ou « tardive » peut ne se manifester qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte, parfois chez une fille présentant une puberté précoce.
Signes évocateurs :
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Hirsutisme d’apparition à l’adolescence
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Acné sévère résistante aux traitements habituels
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Règles irrégulières
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SDHA et androstènedione élevés
Le diagnostic repose sur le dosage de la 17-OH-progestérone, à la fois en situation basale et après test de stimulation au Synacthène (injection d’ACTH). Une élévation importante de ce marqueur confirme le diagnostic.
Cette pathologie étant héréditaire, un conseil génétique peut être proposé aux couples ayant un projet de grossesse, car les deux parents peuvent être porteurs de mutations.
Syndrome de Cushing et autres pathologies surrénaliennes
Le syndrome de Cushing correspond à un excès chronique de cortisol dans l’organisme. Selon sa cause, il peut s’accompagner d’une surproduction d’androgènes surrénaliens, entraînant un SDHA élevé.
Symptômes d’alerte du syndrome de Cushing :
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Obésité tronculaire (visage arrondi « en lune pleine », bosse de bison)
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Vergetures pourpres larges sur l’abdomen et les cuisses
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Hypertension artérielle
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Diabète ou intolérance au glucose
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Fragilité cutanée avec ecchymoses faciles
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Faiblesse musculaire proximale
Certains adénomes ou carcinomes surrénaliens peuvent produire simultanément cortisol et androgènes. Dans ces cas, les taux de DHEA-S sont souvent très au-dessus de la norme, parfois plusieurs fois la limite supérieure.
Un élément clé : dans ces situations tumorales, les troubles s’installent généralement de manière rapide, sur quelques mois, et la virilisation peut être marquée. C’est un signal d’alarme qui doit conduire à une consultation spécialisée urgente.
Tumeurs ovariennes androgénisantes et autres causes rares
Les tumeurs ovariennes sécrétant des androgènes élèvent généralement davantage la testostérone que la DHEA-S. Cependant, le SDHA peut être légèrement augmenté dans certains cas.
Signes d’alerte évoquant une tumeur androgéno-sécrétante :
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Virilisation rapide en quelques semaines ou mois
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Voix qui se grave brutalement
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Clitoromégalie
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Fonte du volume mammaire
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Augmentation importante et rapide de la masse musculaire
Ce tableau clinique impose un bilan urgent comprenant le dosage de la testostérone totale et libre, ainsi qu’une échographie pelvienne ou une IRM à la recherche d’une masse ovarienne.
Autres causes plus rares d’élévation du SDHA :
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Prise de suppléments de DHEA (disponibles en vente libre dans certains pays)
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Certains médicaments : androgènes, progestatifs dérivés de la 19-nor-testostérone
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Substances anabolisantes
L’interrogatoire médical sur les médicaments et compléments alimentaires pris est donc essentiel.
Comment diagnostiquer la cause d’une DHEA-S élevée ?
Le parcours diagnostique face à un SDHA élevé suit une démarche structurée : interrogatoire approfondi, examen clinique minutieux, bilans hormonaux complémentaires, puis imagerie ciblée selon les résultats.
Questions clés que posera votre médecin :
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Depuis quand les symptômes ont-ils débuté ?
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L’évolution est-elle lente et progressive ou rapide ?
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Quels médicaments ou compléments alimentaires prenez-vous ?
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Existe-t-il des antécédents familiaux (SOPK, hyperplasie congénitale, tumeurs endocriniennes) ?
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Y a-t-il un désir de grossesse actuel ou futur ?
Pour optimiser l’interprétation des résultats, les prises de sang doivent être programmées le matin, en dehors d’une grossesse, et idéalement après arrêt d’un traitement hormonal (pilule contraceptive, implants) si cela est médicalement possible et discuté avec votre médecin.
Dosages hormonaux à réaliser
Panel hormonal recommandé chez une femme avec DHEA-S élevé :
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DHEA-S (confirmation du résultat initial)
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Testostérone totale et libre
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Androstènedione
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17-OH-progestérone (dépistage de l’hyperplasie congénitale)
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LH et FSH (évaluation de l’axe hypophyso-gonadique)
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Prolactine
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TSH (fonction thyroïdienne)
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Cortisol libre urinaire des 24h ou cortisol sanguin (si suspicion de Cushing)
Interprétation croisée des résultats :
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Profil hormonal |
Orientation diagnostique |
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Testostérone très élevée + SDHA normal ou peu modifié |
Origine plutôt ovarienne |
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SDHA franchement élevé + testostérone modérée |
Origine plutôt surrénalienne |
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Élévation conjointe importante des deux |
Possible tumeur hormonosécrétante, exploration urgente |
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17-OH-progestérone élevée |
Hyperplasie congénitale des surrénales |
Des dosages répétés peuvent être nécessaires pour confirmer qu’une anomalie est bien persistante et non liée à une variation ponctuelle. Ces testes sont a faire avec votre médecin généraliste ou endocrinologue.
Rôle de l’imagerie médicale
L’imagerie médicale devient indispensable lorsque certains seuils sont dépassés ou que le tableau clinique est préoccupant.
Seuils justifiant une imagerie :
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DHEA-S > 700 µg/dL (environ 19 µmol/L) chez une femme en âge de procréer
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DHEA-S > 400 µg/dL (environ 10,8 µmol/L) après la ménopause
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Testostérone totale > 150 ng/dL
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Virilisation rapide quelle que soit la valeur hormonale
Examens d’imagerie à privilégier :
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Échographie pelvienne : exploration de première intention des ovaires (recherche de SOPK, kystes, tumeur)
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Scanner abdomino-pelvien : visualisation des glandes surrénales
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IRM surrénalienne ou pelvienne : caractérisation précise d’une masse identifiée
L’imagerie est particulièrement urgente lorsque les signes de virilisation sont rapides et marqués. La collaboration entre endocrinologue, gynécologue et radiologue permet d’interpréter l’ensemble des données et d’orienter la prise en charge.
Conséquences possibles et prise en charge d’une DHEA-S élevée
La stratégie thérapeutique dépend entièrement de la cause identifiée. Une fois le diagnostic posé, le traitement vise deux objectifs : corriger la cause sous-jacente et soulager les symptômes qui altèrent la qualité de vie.
Conséquences d’une hyperandrogénie non traitée :
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Aggravation progressive de l’hirsutisme et de l’acné
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Impact sur l’estime de soi et le bien-être psychologique
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Troubles du cycle et infertilité par anovulation
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Potentielle aggravation d’une insulinorésistance ou d’un surpoids
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Risques métaboliques à long terme (diabète, maladies cardiovasculaires)
Il est important de savoir que les effets visibles des traitements sur la pilosité ou la chute de cheveux nécessitent du temps : comptez généralement 6 à 12 mois avant de constater une amélioration significative.
Traitements médicaux de l’hyperandrogénie (hors tumeurs)
Chez la femme ne souhaitant pas de grossesse immédiate :
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Pilules œstroprogestatives : certaines formulations sont particulièrement adaptées à l’hyperandrogénie (contenant de l’acétate de cyprotérone, de la drospirénone ou du diénogest)
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Antiandrogènes : acétate de cyprotérone, spironolactone, sous surveillance médicale stricte en raison des effets secondaires et contre-indications
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Contrôle du poids : essentiel dans le SOPK, une perte de 5 à 10 % du poids peut améliorer significativement le profil hormonal
En cas de SOPK avec insulinorésistance :
La metformine peut être proposée dans le cadre d’une stratégie globale incluant modifications alimentaires et activité physique régulière.
En cas d’hyperplasie congénitale des surrénales :
Des corticoïdes de substitution (hydrocortisone, dexaméthasone) permettent de freiner la sécrétion d’ACTH et donc de réduire la production excessive d’androgènes.
Tous ces traitements sont personnalisés, prolongés et nécessitent une réévaluation régulière par votre médecin (bilan hormonal de contrôle, suivi clinique).
Prise en charge des symptômes : peau, pilosité, cheveux
Gestion de l’hirsutisme :
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Association traitement hormonal + techniques d’épilation définitive
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Laser ou lumière pulsée pour les poils foncés sur peau claire
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Électrolyse pour les zones difficiles ou les poils clairs
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Résultats optimaux après plusieurs séances, patience nécessaire
Prise en charge de l’acné sévère :
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Traitements locaux (rétinoïdes, peroxyde de benzoyle)
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Antibiotiques oraux en cure courte si nécessaire
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Isotrétinoïne sous contrôle dermatologique strict, avec contraception obligatoire
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Consultation avec un dermatologue recommandée
Traitement de l’alopécie androgénétique féminine :
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Lotions spécifiques (minoxidil 2 %)
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Traitement du terrain hormonal sous-jacent
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Compléments nutritionnels si carences associées
L’impact psychologique de ces manifestations ne doit pas être sous-estimé. Un temps d’écoute, d’information et parfois un soutien psychologique peuvent faire partie intégrante de la prise en charge.
Approche micronutritionnelle et naturelle en cas de DHEA-S élevée
La prise en charge micronutritionnelle ne remplace jamais une exploration endocrinologique lorsqu’une DHEA-S est élevée, mais elle peut constituer un levier complémentaire intéressant, notamment dans les formes fonctionnelles comme le syndrome des ovaires polykystiques ou l’hyperandrogénie surrénalienne modérée.
Plusieurs axes sont généralement explorés si vous êtes à la recherche de compléments alimentaire pour votre DHEA-S élevée :
1. Régulation de l’insuline
L’insulinorésistance stimule indirectement la production androgénique, y compris surrénalienne. Une amélioration de la sensibilité à l’insuline peut contribuer à normaliser le terrain hormonal.
Nutriments étudiés :
Ces nutriments agissent sur la signalisation insulinique et l’inflammation métabolique, fréquemment associées au SOPK.Vous retrouverez l'ensemble de ces nutriments dans le pack Résistance à l'insuline.

2. Modulation du stress et de l’axe corticotrope
La DHEA-S étant régulée par l’ACTH, un stress chronique peut perturber l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien.
Approches possibles :
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Adaptogènes (ashwagandha, rhodiole)
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Magnésium
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Optimisation du sommeil
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Techniques de régulation du stress (respiration, cohérence cardiaque)
L’objectif n’est pas de “bloquer” la DHEA-S mais d’améliorer l’équilibre global de l’axe surrénalien.

3. Soutien hépatique et métabolisme hormonal
Le foie intervient dans la transformation et l’élimination des hormones stéroïdiennes. Un terrain inflammatoire ou une stéatose peuvent perturber cet équilibre.
Stratégies :
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Apport suffisant en fibres
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Apport en choline
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Antioxydants (vitamine E, polyphénols)
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Oméga-3
4. Correction des carences associées
Une carence en vitamine D, fréquente chez les femmes présentant un SOPK, est associée à une aggravation du profil métabolique. Son optimisation peut contribuer à améliorer l’environnement hormonal global.
Fertilité et désir de grossesse en cas de DHEA-S élevée
Une DHEA-S élevée liée à un SOPK ou à une hyperplasie congénitale peut entraîner des troubles de l’ovulation, mais n’exclut absolument pas une grossesse. De nombreuses femmes concernées deviennent mères avec une prise en charge adaptée.
Stratégie en cas de désir de conception :
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Arrêt des antiandrogènes (formellement contre-indiqués pendant la grossesse)
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Modification du traitement contraceptif
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Induction de l’ovulation si nécessaire (citrate de clomifène en première intention, gonadotrophines si échec)
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Suivi spécialisé en médecine de la reproduction
Particularités pour l’hyperplasie congénitale :
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Suivi endocrinologique rapproché tout au long de la grossesse
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Adaptation des doses de corticoïdes
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Surveillance fœtale particulière dans certains cas
L’anticipation est essentielle : discutez de votre projet de grossesse avec votre gynécologue ou endocrinologue suffisamment à l’avance pour adapter les traitements et optimiser vos chances de conception.
FAQ rapide autour du SDHA élevé
Ma DHEA-S est légèrement au‑dessus de la norme, dois‑je m’inquiéter ?
Une légère élévation isolée ne constitue pas une urgence. Le contexte clinique est primordial : avez-vous des symptômes d’hyperandrogénie ? Les autres hormones sont-elles normales ? Seul un médecin peut interpréter correctement votre résultat en tenant compte de l’ensemble de votre situation.
À partir de quel seuil de DHEA-S faut‑il faire un scanner ou une IRM ?
Les seuils généralement retenus sont > 700 µg/dL (environ 19 µmol/L) chez une femme préménopausée et > 400 µg/dL (environ 10,8 µmol/L) après la ménopause. Ces valeurs sont des repères à discuter avec votre spécialiste, qui tiendra compte de vos symptômes et des autres dosages.
Une DHEA-S peut‑elle expliquer mon acné et ma chute de cheveux ?
Oui, l’excès d’androgènes stimule les glandes sébacées (d’où l’acné et la peau grasse) et peut accélérer la miniaturisation des follicules pileux du cuir chevelu (alopécie androgénétique). Un bilan hormonal complet permet de confirmer ce lien et d’orienter le traitement.
Puis‑je normaliser ma DHEA-S par l’alimentation et le sport ?
L’hygiène de vie joue un rôle important, notamment en cas de SOPK ou de surpoids associé. Perdre du poids, pratiquer une activité physique régulière et adopter une alimentation équilibrée peuvent améliorer le profil hormonal. Cependant, ces mesures ne remplacent pas une investigation médicale des causes hormonales.
Un SDHA bas est‑il aussi un problème ?
Des valeurs de DHEA-S anormalement basses peuvent évoquer une insuffisance surrénalienne primaire ou un déficit de la fonction hypophysaire (insuffisance corticotrope). Ce profil nécessite un bilan différent et une prise en charge spécifique par un endocrinologue.
Conclusion
Une DHEA -S élevée constitue un marqueur d’hyperandrogénie qui mérite toujours une attention médicale. Dans la majorité des cas, il s’agit de causes fonctionnelles fréquentes comme le syndrome des ovaires polykystiques ou l’hyperandrogénie surrénalienne idiopathique. Plus rarement, il peut révéler une hyperplasie congénitale des surrénales, un syndrome de Cushing ou une tumeur hormonosécrétante.
Ne tentez jamais d’interpréter un chiffre isolé sans le confronter à vos symptômes, à l’examen clinique et aux autres dosages hormonaux de votre bilan. Un seul résultat ne fait pas un diagnostic.
Si vous découvrez un SDHA élevé, prenez rendez-vous avec un endocrinologue ou un gynécologue spécialisé dans les troubles hormonaux. Ce professionnel pourra vous proposer les examens complémentaires nécessaires et une prise en charge personnalisée.
La bonne nouvelle : la grande majorité des situations de SDHA modérément élevé se prennent en charge efficacement avec un traitement adapté. Les perspectives sont généralement favorables, tant sur le plan des symptômes que de la fertilité, à condition d’être correctement accompagnée.
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